Ce que la droite comprend mal
Une des illusions fréquentes à droite est de voir la politique comme la
gestion de la « Cité », avec pour but principal d'en améliorer le fonctionnement concret.
Cette illusion découle de plusieurs mécompréhensions vis-à-vis des acteurs de gauche et des
mesures prises par ces derniers. Le progressisme n'est pas seulement une volonté terre-à-terre
de donner naissance à une société dans laquelle il fait meilleur vivre, mais également une
spiritualité se substituant à la religion chrétienne, dont l'influence politique a aujourd'hui
été pratiquement réduite à zéro en Europe.
Ce dont le progressisme hérite
En tant que substitut au christianisme, le progressisme reprend certains
aspects de la religion autrefois dominante de notre société.
Les aspects du christianisme les plus importants à comprendre pour décortiquer
le progressisme sont :
- La constitution du cadre moral (qui comprend, entre autres, la définition du noble et de l'ignoble).
- La légitimité du politique.
Le cadre moral et la légitimité du politique
Le cadre moral progressiste reprend du catholicisme l'injonction à être noble,
à participer à un projet plus grand que soi — et, fondamentalement, à accomplir le Bien. La
légitimité du politique, en revanche, dans un ordre progressiste débarrassé d'un roi « par la
grâce de Dieu », repose sur un logiciel radicalement différent du christianisme. Le schéma
suivant tente d'illustrer de manière simple la psychologie progressiste : celle qui détermine
la vision du monde partagée par la plupart des idéologues de gauche.